Petite bourgade de 1262 habitants située à mi-pente du vallon, nichée entre la Viosne et le plateau agricole qui l’entoure, US offre aux promeneurs une grande diversité de paysages et de nombreuses vues panoramiques.
Le nom du village, US, est dérivé de
plusieurs écritures. S’il était déjà cité en 1306 sous
l’appellation d’US dans un cartulaire de
l’Hôtel-Dieu de PONTOISE, on trouve la forme UUS dans
plusieurs chartes du Val conservées aux archives nationales (à
l’époque, deux u équivalent à deux v).
Sur une dalle funéraire de la fin du 16ème siècle servant de marche
à l‘église, on peut lire une inscription relative à un sire
de Dampont, seigneur d’ HUS. Vers 1750, le h
et le u se transforment en w, devenant ainsi WS,
forme difficile à prononcer, ce qui conduit les Chemins de Fer, en
1885, à demander la modification de cette gare dénommée
WS-MARINES depuis 1870, en US,
modification approuvée par le Conseil Municipal du moment.
Depuis le 29 Septembre 1954, la
commune a pris pour emblème le blason de la famille Dampont, dont
les armoiries signifient : « D’or à la fasce de sable,
accompagnée en chef d’un lion passant de même ».
US recèle plusieurs trésors liés à son histoire depuis le
Moyen-Age, époque à laquelle elle était chef-lieu d’un
domaine féodal qui comptait 25 fiefs :
- l’église gothique du 13ème siècle, Notre-Dame d’Us,
inscrite aux Monuments Historiques depuis le 12 Juin 1926, et la
chapelle Saint-Blaise, dernier vestige de style roman,
- le château de Dampont, de style néo-renaissance, érigé à partir
de 1852 et son vaste parc, tous deux classés depuis le 24 Octobre
2002,
- un pigeonnier du 16ème siècle,
- la ferme du Cornouiller, ancien prieuré construit au 12ème
siècle.
Eglise Notre-Dame
d’US
Ce bâtiment, à l’instar de nombreuses architectures sacrées,
comprend divers rajouts et interventions survenus au cours de
siècles différents :
- carré du transept, chœur en hémicycle, voûté
d’ogives, absidiole datant apparemment du 13ème siècle,
- croisillon nord, nef moderne, clocher carré élevé sur transept,
vierge en pierre du 14ème,
- statue de Saint Roch en pierre et boiseries dans le chœur
au 16ème siècle,
- statue de Saint Sébastien et sacristie datant du 17ème
siècle.
Le clocher est actuellement occupé par quatre demoiselles, Marie,
Anne, José-Louise et Elisabeth, nées au printemps 1934 à
Annecy-le-Vieux. Il s’agit, en fait, des « quatre
cloches d’Us », fondues par la fonderie PACCARD, située
maintenant à Sévrier, près d’Annecy.
Nos 4 cloches ont été acheminées par le train et sont donc arrivées
en gare de Us. Elles ont été baptisées et installées dans le
clocher le 27 Mai 1934, en présence de personnalités de
l’Eglise et d’une foule nombreuse venue assister à la
bénédiction.
La plus grosse, Marie, pèse 1050 kg et donne le
son « mi ». C’est elle qui sonne les heures et les
demi-heures. Anne pèse 530 kg, a le son « sol
dièse » et sonne à la volée pour les mariages et les baptêmes.
La troisième, José-Louise, pèse 325 kg, a le son
« si » et sonne l’Angélus. Quant à la plus légère,
Elisabeth, son poids est de 225 kg ; c’est elle qui
sonne le tocsin, avec le « do dièse ».
Toutes les quatre sont gravées et on peut lire, sur chacune
d’elles, la date de leur baptême, leur nom et leur poids.
Dans le joug de la plus grosse a été déposé un parchemin comportant
la liste de tous les donateurs.
Château de Dampont
L’ancien manoir de la famille de Dampont fut démoli au XIXème
siècle et remplacé par le château du Héron construit de 1852 à 1870
pour le comte de Kersaint. Dampont est une demeure éclectique,
interprétation romantique des modèles de la première Renaissance du
Val de Loire. Trois pavillons massifs quadrangulaires, disposés en
biais, sont reliés par de courtes ailes qui donnent à
l’édifice un plan angulaire légèrement ouvert en V. Toute
l’importance est donnée au développement du pavillon central
auquel le confort du XIXème siècle imposa un somptueux escalier
extérieur.
En 1920, Edouard Redon dessina le parc
qui entoure le château. Autour d’un étang aux contours
irréguliers, l’architecte a déployé de vastes étendues
d’herbe et d’essences variées. Des
« fabriques », motifs d’ornement très en vogue au
XVIIIème siècle, surgissent ici et là : un rustique
embarcadère posé au bord de l’étang, une fausse ruine se
mirant dans le bras d’une rivière, auxquels s’ajoutent
un pont rustique en faux bois et un petit temple à colonnes
corinthiennes. (D’après Thierry Liot – Vivre en Val
d’Oise).
Le Cornouiller
Au début du XIème siècle, le fief du
Cornouiller forme un hameau de 10 à 12 feux. En l’an 1098, le
roi d’Angleterre, Guillaume le Roux, avait ravagé tout le
plat pays de Gisors à Pontoise. Le Cornouiller, placé sur une
grande voie de communication, était désigné à la faveur des
envahisseurs qui emmenèrent avec eux un énorme butin et une
multitude de captifs.
En 1117, le propriétaire, Thierry de Luzarches, qui était noble et
devint chevalier par la suite, tenta de ramener la vie dans le
hameau détruit en y fondant un monastère. Il appela dans le sauvage
vallon de la Viosne les religieux de l’abbaye de Josaphat,
diocèse de Chartres.
La vallée où est érigé le monastère ressemble étrangement à la
vallée de Jérusalem où Thierry de Luzarches était parti en croisade
avec Godefroi de Bouillon. Par la suite, de nombreux croisés de la
noblesse française viendront en pèlerinage au Cornouiller et
certains s’y feront même enterrer.
Le prieuré fût construit par 6 moines, l’archevêque de Rouen
leur accorda les dîmes et les mêmes droits qu’à une paroisse.
Thierry de Luzarches mourut en 1133, sans laisser d’enfant,
et fût enterré dans l’église du prieuré.
Les Bénédictins du XIIème siècle cultivaient les terres entourant
le couvent en blé, orge et avoine. Ils n’observaient pas les
jeûnes et mangeaient de la viande. Le couvent était riche.
Jusqu’au XVIème siècle, la vie monastique est en plein essor.
Les moines fêtent la Saint Laurent et la Saint Blaise. Les reliques
de ce dernier ont été déposées sur les terres du Cornouiller, près
d’une fontaine connue sous le nom de « La Fontaine aux
Reliques ».
La vie monastique prend fin en 1654, et le 26 Juillet 1792, le
prieuré est vendu pour 80 000 livres au « sieur
Lalouette ».
D’autres sites, moins visibles mais tout aussi remarquables,
s’offrent aux marcheurs amoureux de la nature :
- la chaussée Jules César, âgée de 2000 ans, qui traverse les
vallons et les bois,
- la Vallée aux Moines (paysage classé par l’Inspecteur des
Sites en 1989). Au sein du grand site inscrit du Vexin français, la
vallée aux Moines compose un paysage doublement pittoresque :
par l’écrin qu’elle procure au village typique du
Perchay, et par ses paysages ruraux équilibrés mêlant bois,
chemins, prairies et champs labourés. Le lavoir et la ferme du
Cornouiller sont remarquablement implantés à mi-coteau et bien
accordés au site,
- la vallée d’Orémus,
- le Trou Tonnerre, qui constitue un véritable conservatoire
archéologique. Appelé aussi Vau Gérard, limitrophe entre Us et
Ableiges, près de la Chaussée Jules César et non loin de la RD 169
de Vigny à Us, il présente un intérêt historique et archéologique
(ancien passage de la voie), paysager (points de vue et boisement)
et écologique (vallons et plantes de sous-bois humides).
La Viosne, cette petite rivière qui
traverse notre village, tient son nom de sa sinuosité et du voyage
capricieux qu’elle parcourt sur environ 30 km, dont plus de
17 dans un lit artificiel surélevé qu’on appelle
« bief ». Elle prend sa source au château du Bouleaume,
commune de Lierville, près de la Villetertre. Elle se trouve
grossie par une vingtaine de kilomètres d’affluents composés
de ruisseaux et de fossés pour donner, à mi- parcours, un débit
moyen d’environ 280 litres à la seconde. Autrefois, sur son
parcours entre Chars et Pontoise, vingt et un moulins y étaient
exploités, alors qu’aujourd’hui, seuls quatre
demeurent, dont deux roues et deux turbines :
Us, une roue pour embellissement, Ableiges, une turbine non
utilisée, Osny, reconstruction du Moulinard afin d’extraire
du courant et le moulin Saint Denis, une turbine qui fournit le
chauffage dans une maison particulière.
Us a connu l’essor de l’industrie sucrière grâce à sa
sucrerie située à proximité de la gare. Créée en 1872, la sucrerie
d’US est couplée avec la société de la Sucrerie de Magny en
Vexin fondée le 17 Juillet 1869. Cette dernière prend alors le nom
de « Société des Sucreries d’Us et de Magny en
Vexin ». La 1ère campagne de la sucrerie d’Us a eu lieu
en 1873/1874. Les 2 usines travaillèrent côte à côte jusqu’en
1908, date à laquelle l’entreprise de Magny est réduite à
l’état de bascule. Les betteraves sont envoyées de Magny
jusqu’à US par la voie de chemin de fer qui reliait les 2
sites. Après être passée à l’état de distillerie de 1941 à
1950, la sucrerie reprend ses fonctions initiales. La première
campagne, en cette année 1950, dura jusqu’au 12 Février de
l’année suivante avec une moyenne de 480 tonnes/jour. Durant
la campagne 1965/1966, le tonnage atteint 1198 tonnes/jour. Une
grande partie du village vivait alors au rythme de cette
entreprise.
Puis Us a subi l’abandon progressif de cette industrie qui a
fermé définitivement en 1976. De plus, avec le déclin des
exploitations agricoles (douze fermes étaient autrefois en activité
sur la commune), les urbains ont remplacé en partie les ruraux, les
jeunes Ussois restant toutefois très attachés à leur village natal.